Histoire d’Eau
Lorsque la Lune Noire plonge dans les eaux abyssales du Scorpion, elle nous invite à une descente vertigineuse, là où l’illusion se dissipe et où la vérité brûle d’un feu sombre et implacable.
Entre le déni d’une cruauté insoutenable et la lucidité crue sur les jeux pervers des attachements fusionnels, nous oscillons, hésitants, au bord d’un précipice intérieur. Il n’y a pas d’échappatoire : il faut plonger ou se débattre dans l’ombre de ce qui, tôt ou tard, nous engloutira.
Nous sommes appelés à ressentir, dans toute sa nudité, l’extrême douleur de la séparation de la forme.
L’absence d’un regard qui nous comprend, le manque d’une présence qui nous révèle à nous-mêmes. Ou bien, peut-être pire encore, la mémoire d’une perte irréversible, la rupture soudaine d’un lien si puissant qu’il semblait indestructible. Le Scorpion enseigne que l’amour absolu flirte souvent avec la mort, que l’étreinte peut devenir étreinte fatale, et que l’osmose parfaite avec l’autre porte en elle le germe d’une dissolution tragique.
Mais que nous dit cette Lune Noire ?
Elle nous guide, inexorablement, à travers nos épreuves, nous contraignant à retrouver cette puissance intérieure que nous avons trop longtemps projetée sur l’autre.
Chacun, selon son propre labyrinthe d’expériences, sera redirigé vers cette unité intérieure, ce sanctuaire où l’on cesse d’avoir besoin d’être compris, vu, aimé, validé. Là réside la véritable transmutation : se tenir face à soi-même, dépouillé, et embrasser l’obscurité comme un passage vers la lumière.
Pensez-vous vraiment que le Christ ait échappé à la traversée de la mort avant de renaître en pure lumière ? Crucifixion : voilà peut-être le mot-clé de cette Lune Noire en Scorpion. Une traversée du désert intérieur, où chaque fibre de notre être est mise à l’épreuve. Mais tout cela ne sont que des mots. Des mots qui ne peuvent jamais égaler l’expérience brute de l’effondrement et de la résurgence.
Peut-être que ces mots trempent-ils leur plume dans des douleurs indicibles, dans le déchirement d’une âme qui a tout perdu avant de se retrouver…
Peut-être ne sont-ils qu’un murmure, un souffle d’espoir pour ceux qui traversent l’obscurité, portant en eux des angoisses sans nom, surgies des profondeurs les plus insondables.
Et pourtant, au cœur de cette nuit, une résolution s’amorce. Non pas dans la fuite ni dans l’oubli, mais dans la lumière silencieuse qui perce à travers les cendres.
L’union tant espérée, recherchée désespérément dans l’autre, était là, depuis toujours. Et lorsque tout s’effondre, il ne reste que cela : la conscience immuable, l’essence pure, l’amour dépouillé de ses attachements, l’or alchimique né du chaos.
La Lune Noire en Scorpion nous convie à cette renaissance. La question est : sommes-nous prêts à en embrasser le feu ?
Les eaux du Scorpion sont marécageuses. Qui dit marécageuses dit embrouillées, et qui dit embrouillées dit aveuglantes. L’angoisse de l’aveuglement nous force à ressentir avec une intensité accrue cet espace que nous refusons d’explorer. Nous refusons. Pourtant, l’astrologie nous permet de poser un regard précis sur cet endroit, s’il en est , sur ces angoisses, sur la forme qu’elles revêtent, afin d’aiguiser notre écoute, honnête et sans complaisance. Le lieu et Les aspects à cette Lune Noire racontent ce qui était inscrit préalablement à notre incarnation.
Cela ne prendra pas de détours. Il ne s’agira pas de réparer les blessures de l’enfance, ce que fait la psychanalyse.
Non. Il s’agira de pointer ce qui était déjà là, avant même notre naissance. Et alors, un autre regard surgira, une posture inédite face au fil de notre histoire, dès notre premier souffle. Tout avait lieu d’être. Ce regard exige un immense détachement, une déprogrammation radicale de toutes les histoires que nous avons bâties autour de notre éducation, de notre passé.
Voilà pourquoi cette Lune Noire est si insaisissable. Elle exige un retournement total. Cela peut effrayer. Voilà pourquoi, bien souvent, l’entrée dans cet espace est ajournée. Nous aimons encore nous raconter des histoires. Elles apaisent. Elles réchauffent.
Mais alors, êtes-vous prêts ?
Nul besoin de forcer les choses en réalité…
Tout sera découvert au moment juste .
Par l’expérience direct et jusqu’à épuisement de nos résistances
– Ely